Collection débutants
DVD "Ma Première Peinture" : l'horloge Forêt Noire
DVD "Ma Première Peinture" : l'horloge Forêt Noire
Bienvenue dans l'univers magique et merveilleux des horloges peintes ! À l'occasion de la sortie (toute prochaine) de son DVD d'enseignement de la collection pour débutants, "My First Painting", Véronique propose ici de découvrir la richesse d'une peinture florale légendaire : la Forêt Noire.

Tout au long de cette page, vous allez pouvoir, dans un premier temps, prendre connaissance des principaux éléments de style qui caractérisent cette peinture décorative traditionnelle par l'illustration de quelques photos d'étapes de la réalisation du projet proposé. Puis, nous irons ensemble faire un petit voyage au pays des coucous, de l'autre côté du Rhin, à St Märgen, où se trouve un extraordinaire musée régional des horloges peintes.
Quel enfant n'a pas rêvé un jour, chez un grand-père ou une grand-tante,
en découvrant le moment merveilleux de l'horloge mécanique
avec son coucou ou son petit personnage qui compte les heures ?
On est là, on attend, on observe attentivement ce qui va se passer.
Tic-tac, tic-tac, tic-tac, et puis... la porte magique s'ouvre !
Voici une fantastique histoire pour les enfants encore émerveillés
que nous sommes, et surtout, de superbes et authentiques
pièces peintes anciennes à découvrir, ou...
- à peindre soi-même -

La peinture de l'horloge Forêt Noire est un parfait sujet pour qui veut débuter dans la peinture décorative ou se perfectionner dans une peinture florale très stylisée et assez simple du point de vue technique. C'est un travail aux décors folkloriques présentant des fleurs stylisées avec des aplats assez larges et généreux, riches en couleurs.

Le coup de pinceau n'a pas besoin d'une grande précision, il requiert surtout une envie de fantaisie, comme si on jouait à peindre quelque chose pour s'amuser. On trouve un peu de tout dans les motifs abordés, mais surtout des fleurs si caractéristiques de ces compositions très stylisées avec souvent des sujets géométriques très variés. Ce qui demande le plus de précision, c'est surement le tracé des lettres du cadran. Et encore, ce n'est pas un lettrage d'une rectitude absolue qui fera le charme de votre horloge peinte de la Forêt Noire qui se veut avant tout originale et joyeuse.

La reine des fleurs, la rose, occupe souvent une position centrale avec une belle palette de rouges vifs et de dégradés rosés. Cette rose est assez régulièrement accompagnée d'une ou deux fleurs secondaires d'une couleur opposée ou complémentaire. Puis, des feuillages simples et des toutes petites fleurs viennent compléter le tableau en s'inspirant d'espèces locales comme les campanules, les pâquerettes ou les primevères.

Le DVD, de la collection des Heritage Artists, "My First Painting", propose en français deux heures d'enseignement vidéo pour des peintres débutants ou de niveau intermédiaire. Toutes les étapes sont filmées et expliquées par Véronique pour accompagner le peintre à réaliser son horloge Forêt Noire, du début à la fin du motif. C'est un superbe moment de détente et de découverte pour cette peinture à la fois simple et joyeuse.

Maintenant, et nous allions découvrir ces magnifiques trésors de peinture traditionnelle à l'endroit qui a vu leur origine, dans les montagnes allemandes, au coeur de la Forêt Noire. Si vous le voulez bien, nous allons visiter ensemble le village et son ravissant musée d'Art et de Traditions populaires des horloges peintes. Bienvenue à St Märgen !

C'était la région St. Märgen - Waldau - Neukirch qui était la plus importante en ce qui concerne la naissance de l'horloge typique de la Forêt-Noire. La collection des horloges à St. Märgen représente les premières étapes de l'histoire. Ce n'est pas seulement un voyage dans l'histoire de la technologie et de la technique, mais c’est aussi et surtout un voyage au cœur de l'histoire de la culture locale et de ses structures sociales particulières.
La visite qui vous est proposée ici, a pour but de montrer le développement fascinant de l'horloge de la Forêt-Noire, la diversité de sa forme externe et des ornements qui font preuve de la fantaisie inépuisable des horlogers de cette région au cours des 300 dernières années.

Conformément aux documents anciens, l'horloge de la Forêt-Noire est née en 1640. On croit que des marchands de verrerie — en retournant des pays étrangers en Forêt-Noire — y ont apporté de nouvelles idées en ce qui concerne la fabrication des horloges.
D'après une légende populaire, un porteur de verrerie de "Glashütte Knobelswald" (aujourd'hui un quartier du village de St. Märgen) aurait acheté une horloge mécanique de fer, en Bohème ou peut-être à Cologne, et l'aurait rapportée chez lui. Il est de fait que dans les années de 1650/1660, ces horloges de fer ont servi de modèle pour la fabrication des horloges mécaniques en bois dans le sud de l'Allemagne, comme le modèle ci-dessous à droite datant du tournant de 1700.

Au moyen d'outils les plus simples comme des couteaux à sculpter, des scies et des limes, les frères «Kreutz auf der Redeck» de Waldau, Lorenz Frey de St. Märgen et Simon Henninger de Stockwald, près de St. Georgen, ont construit les premières horloges en bois.

C'étaient des horloges balanciers en bois avec trois petites roues et une aiguille des heures comme celle de ci-dessus, à gauche. Oui, elle n'a qu'une seule aiguille, à cette époque on n'était à la minute près. Une pierre servait de commande. Au début, les horloges étaient fabriquées pour satisfaire les besoins privés et elles étaient vendues aux marchés régionaux. Mais après qu'elles aient été devenues plus connues, une vraie vague de fascination s'est répandue.

À partir du 18e siècle, le commerce de l’horloge était l’activité économique la plus importante en Forêt-Noire. On continuait tout le temps à améliorer les horloges, on installait des clochettes métalliques ou en verre pour l'heure sonnante et on remplaçait les roues en bois par des roues de laiton. À mesure que les techniques progressaient, les peintres étaient bien sûr mis à contribution pour proposer des motifs de plus en plus variés et adaptés à l'évolution de la demande. Il fallait constamment faire preuve d'imagination pour évoluer sans cesse.

Pendant les années suivantes, les arbres et les tiges étaient construits en acier ; pour les poids qui, au début, été réalisés en pierre, puis en verre, on utilisait par la suite de l'acier ou des douilles remplies de plomb. Pour satisfaire les demandes d'un marché grandissant sans cesse, on était forcé d'offrir toujours quelque chose de nouveau.

Parmi les inventions nouvelles, on voyait progressivement apparaître des horloges avec des petits bonshommes, puis des horloges à carillon, des horloges à flûtes, des horloges turques, puis des horloges avec des coqs, ou bien encore des horloges avec différents petits animaux, des horloges avec des capucins, des horloges encadrées, des horloges aux boucliers vernis, la liste est sans fin.

Le trait singulier de l'horloge de la Forêt-Noire était le bouclier devant le boîtier, en forme d’arrondi sur sa partie haute. Au milieu du bouclier se trouvait le cadran peint aux chiffres romains. Les coins étaient remplis par des peintures de fleurs aussi variées les unes que les autres, mais dans un style de peinture bien caractéristique et au-dessous du bord rond, se trouvaient des bouquets de fleurs, des tableaux de paysages, des fermes ou des personnages.

La forme externe de ces horloges solides et pas trop chères était extrêmement importante. La qualité et l’originalité du façonnement du bouclier et son ornement peint déterminait le succès des ventes. Le volume de la production était énorme à ce temps-là.

Quelques chiffres pour illustrer cette activité : en 1796 on avait produit 75.000 horloges, en 1810 environ 150.000 à 200.000 exemplaires et on raconte qu'en 1840, quelques 600.000 horloges avaient été construites et vendues.

À la fin du 18e siècle, quelques marchands avaient déjà quitté leur pays pour aller faire du commerce dans autres pays allemands. Mais la plupart des marchands d'horloges de St. Märgen commençaient leur voyage dans les premières décennies du 19e siècle. Pendant les années de 1820 à 1920, on a compté que 85 habitants du village de St. Märgen avaient quitté la région pour développer leur activité ailleurs, comme en Italie comme on peut le voir à partir des horloges italiennes présentées sur la photo ci-dessous, par exemple.

Il y avait à la fin du 19e siècle 49 marchands d'horloges à St. Märgen, dont 39 sont partis par la suite et ne sont pas retournés. La plupart de ces marchands s'étaient établis dans les différents endroits des États-Unis et en Angleterre. Deux d'entre eux sont allés s’installer en Afrique et six en Australie.

L'histoire des horloges n'est pas seulement l'histoire de la technologie, mais c’est aussi l'histoire des structures sociales, du commerce extérieur, de la culture régionale et des familles du village. Elle montre aussi des cours de la vie intéressants.

L'histoire des horloges peintes de la Forêt Noire, c'est de la fascination à l’état pur et un véritable trésor pour les amoureux de la peinture décorative.

Allez visiter le musée d'horloges de St. Märgen, vous serez ravis. La collection qui y est exposée a pour but de montrer le développement de l'horloge de la Forêt-Noire en ce qui concerne sa forme externe ainsi que la grande diversité des ornements peints.

On y découvre la fantaisie inépuisable des artisans locaux. Cette collection régionale est également complétée par une incroyable quantité d’autres horloges en provenance des régions du monde entier. C’est un voyage magnifique et magique à la fois au pays des horloges peintes.

De belles mises en scènes sont à découvrir avec la reconstitution des artisans de l'époque dans leur condition de travail avec leurs outils particuliers aujourd'hui devenus si curieux.

Les boites permettant de transporter les matériels de ces artisans-commerçants étaient également peintes par les artistes peintres décorateurs locaux. Les objets présentés sont tous authentiques et recèlent de véritables trésors populaires.

Toutes les faces de ces boites de transport sont peintes en peinture polychrome aux couleurs vives. On remarque ici l'air de famille entre le style alsacien et celui de la Forêt Noire. On pourrait appeler cette peinture de style rhénane. Elle n'est pas sans faire penser à ce que peignait Peter Hunt aux États-Unis dans les années 40-50.

Dans une des salles du musée, on trouve aussi une reconstitution de l'atelier du peintre décorateur d'horloges avec des outils d'époque. On remarque que ces artisans fabriquaient leur couleurs eux-mêmes à partir des pigments qu'ils commandaient chez des fournisseurs spécialisés et qui provenaient parfois de très loin.

Si on observe de près la table de travail de l'atelier du peintre, on remarque que l'artiste à peint l'église abbatiale de son village, reconnaissable avec ses deux clochers, St Märgen. Cet artisan était très pieux et s'appliquait à peindre en silence, en prière même. Il était relié au sacré et témoignait sa reconnaissance au divin par les faisceaux de lumière qu'il faisait rayonner de la montagne proche de son lieu de vie et de travail.

Si on se rapproche de son plan de travail, on voit encore les taches de peintures avec les couleurs dominantes utilisées pour peindre les plateaux d'horloge. Ces couleurs sont plutôt vives, dans la gamme des verts, des bleus, des rouges et des jaunes mis à part le blanc et le noir. On pourrait presque croire que ce peintre était encore en activité hier. Ce plateau date pourtant des années 1800.

Les surfaces peintes étaient disposées sur un support fabriqué sur-mesure pour recevoir une bonne douzaine de travaux en cours de sorte à leur permettre le temps de séchage entre les étapes sans risque d'abimer la peinture. On se rend compte du travail qui se faisait au rythme d'une petite série à la fois. On est loin de la fabrication industrielle chez ces artisans qui pourtant ont su produire une quantité incroyable de pièces peintes toutes à la main et de manière unique !

Une fois les horloges terminées, l'artisan responsable de l'atelier pouvait confier sa marchandise à un marchand ambulant qui se rendait de villes en villages pour proposer la vente de ces pièces uniques. Toute la vitrine d'exposition se trouvait sur son dos. Il ne devait jamais marcher par temps de pluie ! Il évoluait ainsi au gré du temps et des horloges. lol

L'arrivée d'un vendeur d'horloge dans un village en 1850 représentait une véritable attraction. On pouvait ainsi venir voir et admirer les nouveaux modèles qui évoluaient d'années en années, et surtout découvrir le magnifique spectacle "gratuit" des oeuvres peintes. Pour une population à 95 % de milieu agricole, on peut imaginer l'étonnement à la vue de ces peintures ambulantes avec un tel raffinement.

Si le curieux était saisi par la beauté d'une de ces horloges peintes, il pouvait alors s'approcher de plus près pour apprécier la finesse de la rose peinte, et peut-être alors, si sa bourse lui permettait, décider d'en acheter une pour l'offrir à sa femme. Cette magnifique horloge faisait alors la fierté du ménage, qui plus est si on pouvait entendre le chant du coucou au tournant des heures.

Les vendeurs ambulants devaient posséder sur eux les matériels nécessaires pour réparer les éventuelles pannes ou effectuer les réglages sur les modèles vendus les années précédentes. C'est pourquoi il portaient sur le dos en plus des horloges toutes ces boites de bois contenant les précieux outils. Du fait qu'ils devaient créer l'événement du village en arrivant avec leur panoplie de coucous, les boites étaient également peintes avec des couleurs vivent pour attirer l'attention et susciter l'émerveillement.

Le paradoxe, c'est qu'au musée des horloges, aucune montre n'est réglée à l'heure. Et c'est tant mieux ! Vous imaginez 300 coucous qui se mettent à chanter en même temps ? Là au moins, on n'a pas besoin d'attendre une heure pour en prendre un sur le vif comme celui ci-dessus. Il a été chopé juste le temps avant que sa porte ne se referme. Il ne faut trainer si on veut l'immortaliser sur le site du Grenier de Véronique !

Sur la route du retour, pensez à demander l'adresse des quelques ateliers d'artistes encore en activité pour visiter leurs travaux de peinture décorative aux motifs d'hier et d'aujourd'hui. Vous aurez toujours un bon accueil. Et entre peintres, on parle pinceaux et couleurs, un langage commun, non ?
Merci de nous avoir accompagné au cours de cette visite colorée, riche et variée, en espérant vous avoir donné envie de mieux connaitre la peinture de La Forêt Noire et, peut-être, de peindre à votre tour votre belle horloge en modèle unique. Le vôtre !
